Simon Associés
Simon Associés & Lextenso
Inlex
Sorgem Evaluation
Colomer-Briens & A
Observatoire de la Franchise
Lextenso

Vision Internationale

Spécial Portugal


 Philippe Adam
Rédacteur en chef



 

Denis Delbourg, ambassadeur de France au Portugal

« Un quart des Portugais sont francophones »

Le Portugal est un partenaire de choix pour la France. En 2008, les sociétés françaises y ont généré 5,1 Md d’euros d’exportations et le pays a vendu à l’Hexagone pour 4,2 Md d’euros de marchandises. Le plan de relance portugais fait la part belle à l’énergie et aux transports.


Propos recueillis par Laetitia Pongi


Son Excellence Denis Delbourg, 57 ans, est ambassadeur de France au Portugal depuis février 2008. Ancien élève de l’École normale supérieure et de l’École nationale d’administration, il a été conseiller diplomatique au cabinet du Premier ministre français de 2000 à 2002. Avant d’exercer sa fonction actuelle, il était ambassadeur de France en Suède.



Le Portugal est-il un marché attractif pour les entreprises françaises ?

Denis Delbourg : « La France occupe une place privilégiée au Portugal. Un quart des Portugais sont francophones, dont la grande majorité de décideurs. La France est le 3e partenaire commercial du pays : ses produits, comme sa culture, y sont familiers et appréciés. Sans oublier que le Portugal s’est modernisé. Le plan de relance du Premier ministre Socrates, réélu à l’automne dernier, offre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises. Dans la quête de nouveaux débouchés et partenariats, l’intérêt de nos PME pour ce marché voisin, stable et à taille humaine, devrait s’affirmer davantage. »


Que représentent les échanges et les investissements ?

D. D. : « Le secteur automobile représente plus de 20 % des exportations françaises. L’Hexagone exporte aussi des aéronefs, des produits pharmaceutiques et de l’industrie agroalimentaire. Outre les échanges croisés du secteur industriel, le Portugal nous fournit des produits issus de son industrie traditionnelle : textile, bois, liège, vin de Porto… Les plus grandes entreprises françaises y sont présentes dans presque tous les secteurs d’activité. Les enseignes telles que Leclerc, Auchan, Leroy Merlin ou la Fnac contrôlent aujourd’hui 40 % de la distribution locale. La part du Portugal en valeur absolue dans les flux d’investissement français à l’étranger n’a cessé d’augmenter depuis 2003. La France est même devenue le premier investisseur étranger au Portugal tant en flux bruts qu’en flux nets au premier semestre 2009. »


Quel impact a eu la crise sur les relations économiques franco-portugaises ?

D. D. : « La baisse globale des flux mondiaux a affecté les échanges à hauteur de 20 %. Malgré tout, le partenariat franco-portugais s’est bien comporté. À ma connaissance, aucune entreprise française d’envergure n’est sortie du marché portugais en 2009. Globalement, elles ont cherché à consolider ou à développer leurs parts de marché, et saisi de nouvelles opportunités. »


Quels sont les secteurs à privilégier ?

D. D. : « Les grands projets d’infrastructure et le développement des énergies renouvelables sont les piliers de la stratégie de relance du Portugal sur la période 2010-2015. Deux projets majeurs sont engagés : la haute vitesse (liaisons ferroviaires reliant Lisbonne à Madrid et à Porto) et le nouvel aéroport de Lisbonne. Le secteur ferroviaire urbain et interurbain fera l’objet en 2010 de nombreux appels d’offres. La modernisation des écoles et la construction d’hôpitaux, font aussi partie du programme d’investissements publics. Le Portugal héberge les plus grandes centrales photovoltaïques au monde, et mise sur l’hydroélectricité et l’énergie éolienne pour atteindre 45 % d’énergie renouvelable dans sa consommation d’électricité dès 2010. La grande distribution et la franchise sont également des secteurs en plein essor. Les biens de consommation, les services et les nouvelles technologies gardent un potentiel intéressant. »


Quelles sont les actions menées par le gouvernement portugais pour favoriser les échanges avec la France ?

D. D. : « L’AICEP, homologue de Ubifrance et l’AFII, l’Agence française pour les investissements internationaux, au Portugal, cherche des partenaires aux entreprises françaises qui souhaitent investir au Portugal. Elle les aide notamment à trouver des collectivités locales qui offrent les meilleurs terrains, infrastructures, avantages fiscaux pour l’implantation. »


Quels sont les prochains grands moments concernant les relations économiques franco-portugaises ?

D. D. : « Une vingtaine de missions couvrant les secteurs porteurs ont été programmées en 2010. L’ouverture du bureau Ubifrance à Lisbonne est aussi une bonne nouvelle. Début février, la visite d’Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État français au Commerce extérieur permettra de faire le point avec ses homologues portugais, et sera l’occasion d’une « rencontre acheteurs » organisée par Ubifrance sur la grande vitesse au Portugal. Les échanges s’inscrivent dans le contexte de relations bilatérales marquées par une grande proximité. La visite à Paris de José Socrates, le 7 janvier dernier, a mis en évidence l’alliance entre les deux pays, dans l’ambition de doter l’Europe d’une véritable stratégie économique coordonnée et offensive. »

 

 _________________________________________________________________________

 
Chambres de commerce portugaises

Vanter le “ made in Portugal ”

 

 

Par Dulce Dias

 

Un grand « P » rouge et vert, les couleurs du Portugal, et le slogan « Compro o que é nosso », qui signifie « J’achète ce qui vient de chez nous », sont les deux lignes de force d’une campagne de l’AEP-CCI, l’Association des entreprises du Portugal-Chambre de commerce et d’industrie. Elle vise à sensibiliser consommateurs, entrepreneurs et travailleurs à acheter ce que les Portugais produisent, « sans aucune intention protectionniste », garantit le vice-président de l’AEP, Paulo Nunes de Almeida. Depuis son lancement en 2007, au moins 415 entreprises ont déjà adhéré au projet, un chiffre qui augmente tous les jours. Moyennant un forfait annuel qui varie selon le chiffre d’affaires (entre 500 et 1 500 euros), les adhérents ont le droit d’utiliser le slogan et le logo « P » sur leurs produits et de bénéficier des actions de marketing menées par l’AEP-CCI.

Chaînes de radios et de télévision, journaux, sites Internet, outdoors et bus ont été placardés d’affiches vantant « l’importance socio-économique d’acheter des produits et marques qui génèrent de la valeur ajoutée pour le Portugal ». Les portes, caddies et même les sols des supermarchés adhérents ont vanté le « made in Portugal ». Au total, elle a investi 2,7 millions d’euros depuis le début de la campagne.

Chiffrer le résultat de ces deux années et demi est difficile, selon la Chambre, qui indique ne pas pouvoir calculer la partie des ventes liée à l’utilisation du logo, encore moins dans l’actuelle conjoncture de crise. Selon Paulo Nunes de Almeida, le meilleur baromètre est le renouvellement du forfait annuel par les entreprises car « les adhérentes considèrent que la démarche est payante ».

Les deux études déjà menées par la Chambre donnent aussi des signes positifs : la plupart des personnes interrogées se disent désormais « plus sensibles au fait d’acheter un produit national » et admettent commencer « à acheter le produit affichant le P », indique son vice-président. Quand la campagne a été lancée, « les Portugais ne juraient que par des produits étrangers », acheter national étant mal perçu.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes connaissent quelqu’un qui a perdu son travail à cause de la délocalisation et elles « ont compris qu’acheter national contribue à la survie des entreprises et des postes de travail ». Le vice-président de l’AEP n’ignore pas qu’il existe des circonstances où la concurrence est impossible. « Entre un T-shirt portugais à 50 euros et un T-shirt chinois à 5 euros », les familles les plus pauvres n’hésitent pas.

Mais le but n’est pas de concurrencer les petits prix. Le projet vise à mettre en évidence « des marques et des symboles qui rehaussent l’image du Portugal et valorisent l’auto-estime des Portugais. » L’objectif a convaincu le gouvernement, qui a investi 1,2 million d’euros dans la campagne de 2009.


 


 

Quelques mots sur le partenariat
entre le Magazine Commerce International et le Monde des Réseaux


Le commerce ne connaît pas de frontière géographique. Les biens, les services, les concepts et les modèles s’exportent aux quatre coins du monde en vue de capter de nouveaux marchés et de nouveaux consommateurs. Mais encore faut-il connaître les spécificités de ces pays, nouveaux eldorados pour la croissance de nos entreprises ? Les règles y différents souvent, les échecs y sont cuisant parfois, mais les succès story y  sont nombreuses et payantes ! Or nulle PME n’a l’envergure pour s’aventurer seule en terra incognita. Fournir des conseils pratiques, des points de vue, faire connaître les acteurs incontournables de l’accompagnement aux entreprises pour l’export, tel est le credo du Magazine Commerce International, qui depuis 10 ans, observe les acteurs de l’économie engagés à l’international. Leader mondial de l’actualité des Chambres de commerce et d’industrie dans le monde, Commerce International délivre une information fiable et reconnue à tous les responsables d’affaires qui ont pris conscience du potentiel du commerce extérieur.

Pour « Le Monde des Réseaux », c’est tout une série d’articles pratiques et théoriques, signés par les journalistes de Commerce International, qui sont mis à disposition des dirigeants désireux de se lancer en dehors de leur marché domestique, ainsi que toutes informations permettant de s’ouvrir sur le monde et ses perceptives.



Euro RSCG 360°
Euroland Finance
Franchise Magazine
Points de Vente
Commerce International
GOURRADA Associés
Un Portail animé par des Médias et Professionnels reconnus, dédié à tous les acteurs du Monde des réseaux de distribution.