Stéphane Thabart au service du particulier. En créant ChronoMicro, en 2000, Stéphane Thabart a initié le service de proximité informatique à destination des particuliers mais aussi des très petites entreprises.
Emanuelle Evina : Aviez-vous déjà travaillé dans l’informatique avant de fonder ChronoMicro?
Stéphane Thabart: J’ai débuté dans ce milieu en 1989 chez Computerland comme ingénieur commercial. Nous commercialisions des micro-ordinateurs à des particuliers, mais également des solutions réseaux et des logiciels à des entreprises. Ensuite, j’ai intégré Concept, leader européen des progiciels de gestion financière et comptable. Enfin, en 1993, je suis devenu directeur commercial pour les secteurs industrie et tertiaire chez CFI Groupe Euralliance’s. Là, je dirigeais une quinzaine de personnes, nous commercialisions des réseaux auprès des entreprises et effectuions de la maintenance.
C’est donc l’évolution du marché de l’informatique qui vous a conduit à créer ChronoMicro?
Tout à fait. Quand j’étais chez Euralliance’s, le marché a beaucoup changé sous la pression des constructeurs qui se sont mis à démarcher les clients en direct, à la manière de Dell. Parallèlement, le marché des particuliers a explosé et la grande distribution s’en est emparé, mais sans proposer de services pour accompagner les ventes. J’ai donc décidé de créer ChronoMicro en 2000.
Emanuelle Evina : La clientèle de ChronoMicro est-elle exclusivement composée de particuliers ?
Stéphane Thabart : Nous nous sommes lancés sur le marché des particuliers, mais aussi à l’assaut de celui des TPE. Afin de pouvoir réaliser des interventions rapides, à l’autre bout de Paris, tous nos techniciens ont été équipés de scooters. Nous vendons du service de proximité. Un particulier ou un dentiste, dont l’ordinateur ne s’allume plus du jour au lendemain, se retrouvent dans le même embarras.?Nous sommes là pour les dépanner.
Emanuelle Evina : Comment vous êtes-vous fait connaître auprès de votre clientèle ?
Stéphane Thabart : Se faire connaître a été difficile même si nous n’étions pas en train de créer un besoin, mais d’y répondre ! Nous avons eu la chance d’intéresser de grands médias comme France 2, qui a diffusé un sujet sur ChronoMicro au journal de 20 heures. Nous avons communiqué dans la presse et notre site internet nous a également aidés.
Emanuelle Evina : Quel est le mode de fonctionnement de ChronoMicro ?
Stéphane Thabart : Souvent, le premier contact avec la clientèle est téléphonique. Quand nous devons nous déplacer chez le client, nous lui donnons des heures de rendez-vous précises et nous intervenons aussi le soir, jusqu’à 21 heures, car dans la journée les gens travaillent ! Nous avons un atelier ouvert de 10 à 20 heures, où nos techniciens reçoivent les clients. Notre but est de les déstresser.
C’est pourquoi nous avons développé des points de vente dans lesquels les gens peuvent rencontrer les techniciens. Nous y avons volontairement supprimé les comptoirs et nous les présentons comme des salons où sont exposées les nouvelles technologies. Le technicien peut ainsi faire part de son diagnostic au client et lui expliquer ensuite ce qu’il va faire sur la machine. Nous sommes souvent amenés à changer des claviers, des capots ou des alimentations. Autant de réparations que les grandes surfaces ne font pas, prétextant que les machines sont trop âgées ! Par ailleurs, nous réalisons beaucoup de formation auprès de personnes âgées qui découvrent l’informatique.
Emanuelle Evina : Vendez-vous du matériel informatique ?
Stéphane Thabart : Nous n’avons presque pas de produits dans nos boutiques car nous évoluons sur un marché qui se déprécie très rapidement. Mais souvent, nos clients nous demandent des conseils pour l’acquisition d’un nouveau matériel. Nous les guidons dans leur choix et leur acquisition car nous bénéficions des mêmes prix que les grandes surfaces, y compris des spécialistes comme la Fnac.
Emanuelle Evina : Quelles sont vos ambitions en termes de développement ?
Stéphane Thabart : Nous avons constaté, dès la création de ChronoMicro, qu’il est très important d’avoir des boutiques. Et comme nous devons avoir une présence nationale pour répondre aux besoins du marché, nous avons opté pour un développement en franchise dès 2004. Notre objectif est d’arriver rapidement à une cinquantaine de points de vente.
Emanuelle Evina : Pourquoi avez-vous choisi le modèle de la franchise ?
Stéphane Thabart : En franchise, je gère des entrepreneurs qui vont recruter des techniciens. Je pense que ces entrepreneurs sont plus à même de proposer du service de qualité puisque c’est leur société qu’ils font vivre ! 36 % de notre clientèle ont été recrutés par le bouche à oreille, donc nous ne pouvons pas nous permettre de négliger cette qualité.
Emanuelle Evina : Quel profil recherchez-vous pour vos franchisés et quelles sont les conditions d’entrée dans le réseau ?
Stéphane Thabart : Le recrutement des nouveaux franchisés est assuré par ma femme et moi-même. Ce sont, pour la plupart, des gens qui ont travaillé dans le milieu de l’informatique, par exemple chez des constructeurs. Nous recherchons avant tout des personnes qui souhaitent devenir des entrepreneurs. Les droits d’entrée s’élèvent à 20 000 €, ils permettent de couvrir un secteur géographique d’environ 80 000 foyers. Nos franchisés bénéficient aussi de dix jours de formation et nous les aidons à recruter leurs techniciens. Ces derniers viennent ensuite sur notre site pilote (dans le XVIIe arrondissement de Paris) pour apprendre nos procès, à savoir comment nous réceptionnons un client, etc. Les franchisés doivent également investir environ 2 000 € dans un stock constitué des pièces nécessaires aux réparations que nous effectuons (alimentation, capot, mémoire, etc.).
Emanuelle Evina : D’entrepreneur vous êtes devenu franchiseur. Comment vivez-vous cette évolution de votre métier ?
Stéphane Thabart : Je crois qu’à force de travailler avec des entrepreneurs, j’ai attrapé le virus et j’ai eu envie, à mon tour, de créer une entreprise. Aujourd’hui, mon métier de franchiseur consiste à dupliquer ce que j’ai fait et éviter à mes franchisés de commettre les mêmes erreurs que moi. C’est un travail extrêmement enrichissant car je suis en permanence en contact avec eux. J’adore cela ! Propos recueillis par E. Evina
Parcours
1966
Naissance
Le 8 avril 1989
Après un passage chez Nashua France, société spécialisée dans la vente de photocopieurs et télécopieurs, il devient ingénieur commercial chez le distributeur informatique Computerland.
1990
Il intègre le groupe Concept, leader européen des progiciels de gestion financière et comptable, au poste de responsable commercial.
1993
Il devient directeur commercial chez CFI Groupe Euralliance’s pour les secteurs industrie et tertiaire.
2000
Il fonde ChronoMicro, société spécialisée en services informatiques pour particuliers et TPE.
2004